Drift – Thierry Di Rollo

Drift 1La Terre meurt. Nous sommes à une époque indéterminée dans le futur, et le constat est sans appel : épuisée par la surpopulation et l’exploitation intensive des ressources naturelles, la Terre est en train de mourir.
La population humaine est divisée en deux castes. D’un coté, les « Justes », qui vivent dans des zones ultra-sécurisées et ont accès au nec plus ultra de la nanotechnologie, au point de tutoyer l’immortalité. De l’autre, le reste de la population, entassée dans des cités-poubelles, sans hygiène, sans eau courante et, surtout, condamnée à une vie nocturne. Car la journée, des Justes, montés sur des créatures génétiquement modifiées, chassent impitoyablement ceux qui approchent la lumière du jour.
Darker est un jeune homme vivant dans une de ces cités-poubelles. Il est capable de tirer et de tuer plus vite que n’importe qui, ce qui lui donne accès, immense privilège parmi les siens, à la vie diurne. Engagé par un haut responsable des Justes, il doit retrouver deux chiens bien particuliers. Cette mission permettra à Darker d’aller plus loin qu’aucun autre de sa classe. Mais, au fond de lui-même, Darker est déjà mort, depuis la disparition tragique de Kenny, la femme qu’il aimait et qu’il aime toujours.
Pendant ce temps là, les Justes achèvent la construction du Drift, immense vaisseau spatial, nouvelle arche, destinée à sauver l’Humanité en la faisant quitter la Terre.

Ce livre est un chef-d’œuvre. Je ne connaissais pas du tout Thierry Di Rollo : je suis tombé sur Drift totalement par hasard, lors de mes pérégrinations en librairie et l’ai surtout acheté grâce à la sublime couverture de Manchu. Dire que c’était un bon choix serait un euphémisme, car Drift m’a transporté, bouleversé, transcendé même.
Contrairement à ce que pourrait laisser penser le titre et la quatrième de couverture, le passage à bord du Drift en lui-même est assez court. C’est bien la partie sur cette Terre en fin de vie qui est la plus longue. A la lire, on se dit que Drift est la suite, quelques siècles plus tard, de Soleil Vert. On pense également, bien qu’il soit à peu près certain qu’il n’y a pas de lien de cause à effet, à la Terre mourante d’Interstellar.

Drift 2Drift permet un propos extrêmement intelligent sur l’écologie, la croissance, le progrès. La place des nanotechnologies est l’occasion d’un véritable propos sur le transhumanisme. La division entre Justes et habitants des cités-poubelles est l’occasion d’une critique sociale.
Le tout en 350 pages.
Chapeau.

En plus de ça, le personnage de Darker est profondément attachant, et son histoire d’amour incroyablement touchante. Touchante malgré sa simplicité enfantine ; touchante grâce à sa simplicité enfantine, en fait. Une belle histoire d’amour n’a pas besoin de s’étaler sur des pages et des pages : ce sont deux personnes qui s’aiment et que la vie va séparer. Et une immense sobriété dans l’écriture.

En fait, je n’ai que deux regrets pour Drift : le premier, c’est que j’ai eu du mal à rentrer dedans pendant les quinze ou vingt premières pages. Le second, c’est le personnage du double, qui ne sert absolument à rien, je ne comprends pas ce qu’il fait là. Mais ces défauts sont vraiment des points de détail, comparés à cette immense œuvre de science-fiction qu’est Drift.

Je ne connaissais pas Thierry Di Rollo, mais je vais au plus vite explorer son œuvre. Pour votre part, plongez vous dans Drift, vous ne le regretterez pas.

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